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La maison de vie Astrolabe, une alternative entre l’hôpital et le domicile

Dans l’immense cuisine lumineuse, trois pensionnaires conversent en toute tranquillité avec Magali, l’une des deux maîtresses de maison. « Mon travail est de permettre à chaque locataire de trouver sa place au sein du collectif et d’être attentif à chacun d’entre eux pour rompre l’isolement », précise la salariée. Parmi eux, Jacky. Il a quitté sa maison dans l’Hérault où il vit seul pour passer deux mois dans cette maison de vie. Il bénéficie de la présence d’un membre de sa famille sur la commune de Cahuzac qui peut lui rendre visite. La plupart des autres locataires sont là à l’année.

C’est le cas d’Odette, 95 ans. « J’ai choisi de venir ici. J’habitais juste à côté. J’avais une petite maison mais j’étais seule. Toute ma vie, j’ai été au service de ma famille ».

Un lieu de convivialité

La nonagénaire se déplace le plus souvent avec l’assistance d’un fauteuil, mais elle surprend par son dynamisme et sa faconde. « Maintenant que je suis là, je revois des gens. Je fais du coloriage, des mots fléchés, de la musique », dit-elle en souriant et en montrant la table de sa grande chambre. « Et maintenant c’est l’heure de la gym ! ». Dans le patio qui encadre les 12 chambres de la maison Astrolabe, tous les locataires se rejoignent et des habitants de Cahuzac viennent aussi participer.

La structure est un lieu ouvert sur l’extérieur. « La Maison Astrolabe est une maison de vie et d’accompagnement de proximité pour des personnes vulnérables qui souhaitent venir habiter ou passer une période de vacances », souligne Delphine Calicis. L’infirmière est désormais présidente de l’association. « Il s’agit de rompre l’isolement lié à un handicap, une maladie ou l’avancée en âge des personnes vulnérables. Dans ce lieu, nous avons aussi la sécurité liée à la maison de santé avec un médecin, des infirmières. Le temps au cours duquel ces personnes viennent chez nous permet à leurs aidants, souvent la famille, de souffler un peu. Mais ils peuvent eux aussi venir passer un moment ici. »

Si la maison de vie répond notamment aux besoins liés au vieillissement de la population, elle accueille à tous les âges. « Nous avons une jeune femme d’une vingtaine d’années qui nous a rejoints après être passée par l’Oncopole ».

Ce projet associatif, Delphine Calicis le porte avec d’autres membres de l’association depuis son origine en 2017. Un long parcours du combattant pour aboutir à la construction et l’ouverture du lieu le 1er février 2023. La mairie a cédé le terrain et le bâtiment a été financé par les Oeuvres du Père Colombier qui en sont propriétaires.

Reconnaissance juridique difficile

Les bénévoles se sont aussi battus pour faire reconnaître l’intérêt de la maison Astrolabe. Mais si l’agence régionale de santé ou le conseil départemental notamment soutiennent le projet, il n’est pas toujours facile de rentrer dans les cases de l’administration pour permettre aux locataires de bénéficier d’aides.

« Vous êtes en avance sur votre temps », nous a dit un jour un responsable institutionnel se remémore Delphine Calicis. Entre le champ du médico-social et du sanitaire, les maisons de vie, lieu alternatif entre hôpital et domicile, ont toujours du mal à trouver leur place.

Les partenaires institutionnels seront néanmoins présents ce samedi 13 mai pour l’inauguration officielle de la maison Astrolabe et son orientation palliative.

Article paru dans La Dépêche du Tarn, le 9 mai 2023

https://www.ladepeche.fr/2023/05/09/la-maison-de-vie-astrolabe-une-alternative-entre-lhopital-et-le-domicile-11183780.php